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La gastronomie médiévale n'a rien à envier à ses modernes héritières. Réjouissons-nous, gourmands modernes, il y a encore des goûts nouveaux à explorer au pays d'autrefois


Du goût pour les épices

Aux dépens du poivre commun qui deviendra rapidement l'épice pauvre réservée aux vilains, le goût pour les saveurs épicées substituera à cette baie séchée de nouveaux produits : le clou de girofle, le gingembre, la graine de paradis, le poivre long , la cardamome, le galanga , le macis et la noix de muscade. Ces denrées rares et précieuses provoquent des engouements soudains et des fortunes rapides. La sauce cameline , c'est à dire à la cannelle, deviendra rapidement un leitmotiv dans l'assaisonnement médiéval. D'autres épices, plus difficiles à mettre en ouvre, comme le poivre long ou le safran, sont parées de vertus médicales, car au Moyen-Âge aussi on se soucie de diététique. Les épices sont associées à des ressources plus habituelles, l'ail, le fenouil, le persil, la rue, les menthes ou l'échalotte et ne dissimulent pas par leur profusion explosive la médiocrité de recettes de base. La cuisine, ou mieux les cuisines médiévales, jouent une gamme fondamentale de trois saveurs :
La forte, épicée
( nous venons d'en explorer les ingrédients constitutifs, les épices)
La douce, sucrée, est obtenue par l'usage commun de différents sucres, sucres des fruits, miel ainsi que le sucre de canne sous ses formes raffinée (blanche) et brute (rousse)
Ce sont plutôt les méditerranéens qui préfèrent la saveur sucrée. Dattes, figues, pruneaux, miel ou raisins secs ne figurent que rarement dans les recettes
L'acide, enfin met en vedette le verjus, sauce " vinaigrette " à base de jus de raisin vert salé et bouilli, ou les jus d'agrumes - citrons et oranges amères


Une autre triade importante : celles des matières grasses

Selon qu'il faille frire ou rissoler, amollir ou assaisonner, on utilise au Moyen-Âge les graisses animales, lard ou saindoux, le beurre ou les huiles végétales, de noix ou d'olive. Nécessité de chaque jour dans une cuisine bien faite, les matières grasses dépendent étroitement des contraintes géographiques et économiques. Pourtant l'emploi du beurre n'est pas limité aux régions de forte production bovine. Il est, semble t'il, l'apanage alimentaire d'une grande Europe du nord. Il devient en France une graisse de carême qui accompagne le poisson. Mais il continue de dessiner les frontières d'une résistance culinaire aux graisses animales : celle d'une France du Sud déjà associée à l'huile d'olive.

On sait que l'alimentation de base est faite de céréales, panifiées ou cuites en bouillies et pollentas, comme les différents mils et l'avoine. On connaît également l'importance alimentaire de la production en légumes frais et légumineuses des jardins proches des habitations

On mange aussi beacoup de viande : alouettes, cailles, oies, poulets, chapons, gélines, pigeons, poussins, pluviers, butors, cigogne, grue, cormorans, paons, canard, cygnes et hérons.
On mange aussi beaucoup d'espèces de poisson, et du poisson frais. C'est d'ailleurs le moyen pour les classes privilégiées d'adoucir les rigueurs des carêmes et des jeûnes.
Le gibier est également très apprécié. On chasse puis on déguste du cerf, du sanglier, du lièvre, du lapin, du chevreuil mais également de l'ours !

 

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