Faites dissoudre le sucre dans l'eau tiède.
Saupoudrez la levure sur l'eau et laissez reposer 10 minutes
sans remuer.
Faites frémir le lait ; ajoutez la cassonade, le beurre
ou l'huile, le sel et l'eau en remuant. Laissez tiédir.
Lorsque le tout est tiède, ajoutez la levure dissoute
et la farine de seigle. Battez énergiquement jusqu'à
ce que la pâte soit lisse et élastique.
Ajoutez graduellement une quantité suffissante de farine
pour obtenir une pâte molle qui se détache des
bords du bol. Pétrissez la pâte sur une planche
enfarinée pendant 10 minutes.
Mettez la boule de pâte dans un bol graissé.
Faites tourner la boule pour qu'elle soit bien graissée.
Couvrez le bol d'un linge humide et laissez doubler de volume
la pâte pendant 45 à 60 minutes.
Baissez la pâte avec le poing, couvrez de nouveau et
laissez doubler la pâte pour une seconde fois.
Rabaissez la pâte avec le poing puis divisez la pâte
en 4 parties égales et arrondissez chacune d'elles
en boule. Couvrez-les et laissez reposer pendant 10 minutes.
Façonnez les boules et mettez-les dans les moules.
Badigeonnez les pains de beurre. Et pour la dernière
fois, couvrez les pains et laissez-les doubler pendant 45
minutes.
Faites cuire au four préchauffé à 190
degrés Celcius pendant 35 à 45 minutes. Démoulez
et laissez refroidir sur des grilles.
Après tout ce travail épuisant, vous allez enfin
pouvoir goûter à une réplique moderne
du pain des paysans du Moyen-Âge.
Recettes typiques à réaliser avec
des produits d'aujourd'hui
La tarte à la bourbonnaise (fond
de tarte préparé à l'avance)
Version salée : battre 5 oeufs entiers, 200 g de
crème fraîche, 100 g de bleu ou de fromage râpé
(écrasez le bleu à la fourchette) pour obtenir
un mélange homogène et lisse. Poivrez un peu,
versez sur la pâte et faites cuire 30 à 35 minutes
(jusqu'à ce qu'il prenne une belle couleur dorée)
à four moyen (250°).
Version sucrée : remplacez le bleu par 250g de fromage
blanc et un petit pot de crème fraîche épaisse.
Ajoutez 100 g. de sucre en poudre, le jus d'un citron ou d'une
orange et le zeste haché fin.
Les oeufs au lait lardé
Coupez 150g à 200g de lard maigre (ou fumé)
en petits dés. Faites bouillir 0.5 l de lait entier
avec le lard, puis retirez du feu et laissez refroidir. Ajoutez
six jaunes d'oeufs battus, mélangez et mettez la crème
à prendre au bain-marie. Quand elle est prise, laissez
égoutter dans une passoire fine ou dans une étamine
jusqu'à consistance ferme; coupez en tranches et faites
frire au beurre.
Le pain perdu
Pendant quelques jours, gardez vos restes de pain rassis.
Lorsque vous estimez en avoir assez, en fonction des appétits
de la maisonnée, lancez-vous dans la recette : mouillez
rapidement vos tranches de pain rassis dans du lait, puis
passez les dans des oeufs battus. Faites les frire ensuite
à la poêle dans de la margarine végétale
ou de l'huile pour friture (surtout pas de beurre en friture
: ce n'est pas diététique!). Saupoudrez de cannelle
et arrosez de miel si vous voulez respecter le Moyen Age,
sinon de sucre si vos têtes blondes préfèrent!
Recette de l'Hypocras (extrait du VIANDIER
de TAILLEVENT - 15è siècle -)
"Pour faire une pinte d'ypocras, il faut troys treseaux
synamome fine et pares, ung tresseau de mesche ou deux qui
veult, demy tresseau de girofle et graine, de sucre fin six
onces ; et mettés en pouldre, et la fault mettre en
ung couleur avec le vin, et le pot dessoubz, et le passés
tant soit coulé, et tant plus est passé mieux
vault, mais que il ne soit pas esventé."
Pas facile à comprendre à l'état brut,
hein ? Voici la recette en clair :
Broyez 10 clous de girofle, 10 gousses de cardamome, 30 g
de cannelle. Mélangez avec 60 g de gingembre rapé.
Disposez le tout dans une fine toile que vous nouez fortement.
Versez le contenu d'une bouteille de vin rouge (du bourgogne)
dans un récipient avec les épices dans le sac
de toile. Ajoutez 100 g de sucre environ. Couvrez et laissez
macérer au moins 3 Heures. Avec une macération
plus longue (attention à ne pas éventer le vin
toutefois...) , les aromes seront bien sûr plus prononcés.
Une fois la macération terminée, retirer le
sac d'épices, filtrez le vin jusqu'à ce qu'il
n'y ait plus de dépôts... Dégustez sans
abuser
SAUCE CAMELINE 
40 grammes de raisins secs
70 grammes d'amandes mondées (voir « lait d'amandes
» pour le mondage des amandes)
40 grammes de mie de pain sec
30 cl de verjus (jus de raisin vert... qui peut être
remplacé par du 20cl de vinaigre de cidre additionné
de 10cl d'eau)
1 cuillerée à café de cannelle en poudre
3 pincées de clous de girofle en poudre
Sel
Laissez tremper les raisins secs quelques heures avant. Mondez
les amandes. Conservez le lait d'amandes obtenu. Trempez la
mie de pain dans un peu d'eau. Broyez les raisins et mélangez
les aux épices. Ajoutez la mie de Pain. Rendez le mélange
aussi homogène que possible puis ajoutez progressivement
le lait d'amandes. Procédez de la même manière
pour le verjus. Salez modérément. Mélangez
le tout jusqu'à obtention d'une sauce fluide, homogène
et d'une couleur plutôt blond foncé.
La sauce Cameline était d'un accompagnement courant
pour les viandes rôties ou les fenaisons.
OMELETTE VERTE
6 oeufs
15 cl de lait
5 cl d’eau
2 grandes cuillerées de parmesan
100 gr d’épinards jeunes
4 feuilles de sauge fraîche
Quelques feuilles de menthe selon son goût (4 en général)
50 gr de beurre
4 branches de marjolaine
100 gr de feuilles de blettes
Un peu de persil
Sel
Battez les oeufs avec l’eau et le lait (l’eau
et le lait assurant la légèreté de l’omelette).
Ajoutez le fromage et salez légèrement.
Lavez soigneusement toutes les herbes. Hachez menu les herbes
et disposez tout dans un mortier. Pilez le tout en ajoutant
une pincée de gros sel. Le but est de recueillir le
jus de cette verdure. Tamisez la mixture juste au-dessus du
mélange oeufs/eau/lait puis remélangez le tout.
Le mélange doit alors prendre une belle couleur verte.
Dans une poêle à feu doux, avec une noisette
de beurre, versez les oeufs battus. Procédez ensuite
comme pour une omelette normale.
Ce type de plat était tout à fait accessible
aux paysans. Il illustre parfaitement l’inventivité
et la curiosité mise en oeuvre par tous les hommes
du Moyen-âge dans ce noble Art qu’est la Cuisine.
CRETONNEE DE POIS CASSES
350 gr de pois cassés
½ litre de lait
3 jaunes d’oeufs
l’équivalent d’une cuillerée à
café de gingembre en poudre
Des restes de viande (veau, poule ou foies de volaille même)
Saindoux
Les pois doivent être soigneusement lavés. Laissez
les tremper une bonne heure dans de l’eau froide avant
de les cuire dans environ 2 litres d’ eau. Arrêtez
la cuisson lorsque les poix se désagrègent et
tombent presque en purée. Salez puis les laisser s’égoutter.
Mettre le lait à bouillir en ajoutant le gingembre
en cours de cuisson.
Passez au tamis les jaunes d’oeufs préalablement
battus puis, hors du feu, intégrez le lait bouillant
en utilisant le fouet. Mélangez le tout avec les pois
cassés puis remettez à chauffer à feu
doux. Assurez-vous que l’assaisonnement est à
votre convenance. Dans un même temps, faites revenir
la viande à la poêle, coupée en morceaux,
dans le saindoux.
Il était courant de disposer la viande rissolée
dans un plat et de la recouvrir directement de sauce mais
il est tout à fait possible de servir la sauce à
part.
SAUCE AU POIVRE NOIR
1 cuillerée à soupe de vinaigre de vin
1 cuillerée à café de poivre gris moulu
1 belle tranche de pain de campagne
1/2 cuillerée à café de gingembre moulu
10 cl de verjus (ou 5 cl de vinaigre de cidre aditionné
à 5 cl d'eau)
Sel
Commencez par griller la tranche de pain (elle doit être
bien grillée c'est à dire tirant sur le noir
au niveau de la couleur).
Faites tremper la tranche de pain grillé dans une assiette
avec les 10 cl de verjus et le vinaigre. Quand le pain est
suffisament imbibé et qu'il se défait complètement,
écrasez-le avec une fourchette. Ajoutez le gingembre
et le poivre gris.
Versez le tout dans une petite casserolle que vous portez
à ébullition sur feu doux.
Laissez cuire tranquillement en remuant jusqu'à épaississement.
Salez la sauce.
Cette sauce accompagnait généralement une pièce
de viande (idéal pour une côte de boeuf grillée).
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